Puer






Comme l'air semble plus léger
La marche sûre
L'enfant a fui enfin et emporté avec lui
Sa teneur alcaline
Les chênes pubescents bourgeonnent
On pensait leur destin scellé

Des berges de la saine indifférence
On observe de loin
On observe les victimes de tant de soins sourcilleux
Déroulant sous ses pieds adorables le tapis toujours rouge
De ses exigences

L'enfant est enfin parti vivre au loin ses vies
Nous laissant presque incrédule, persistant dans la nôtre
Incrédules
Presque stupéfaits de l'aisance retrouvée avec laquelle
Est tapissé le corridor maintenant si paisible
De nos déplacements

Des berges de la saine indifférence
On observe de loin,  préservés enfin
Les ruées pandémiques des poussettes
Ouvrant à l'explosif
Leur passage au cœur des foules

Le fatras de l'enfant, le fatras
Les astreintes s'étendant au système nerveux comme des métastases
Et l'on soupire
Sans plus jamais en démordre
De ce bien-être
Que seuls ceux qui survécurent à cette éruption de cendres au goût de fraise
Reconnaîtront.


Juin 2012