Plainte de Dos

























Les reins s'éveillent brutalement sous le poids du monde
Saturés aujourd'hui de devoir le porter
Le dos crisse sous la chute des pierres
Qui ont déboulé des sommets

Chacun le porte à sa façon, le monde
Il n'en est pas léger pour autant
Il s'infiltre aux lombaires et craque
Pinçant entre ses doigts le cartilage des songes

L'apophyse sait la pesanteur
Elle sait l'immobilité dans le noir rampant
Pliés, les disques. Usés sous tant de contractions
Qu'ils n'en peuvent plus de se méprendre

Le nerf génito-fémoral éveillé à l'excès
Peine à se souvenir des lointaines nuits blanches
C'est l'heure de l'immobile, seules les épaules se haussent
Il n'en peut plus du stagnant, sous tant de contradictions, le dos s'épuise







Janvier 2016