Grand écart





Amis, amies
Bavassant unilatéralement, plus ou moins
Vers qui, l'espace d'un éclair d'ingénuité, je tends, une fois de plus, les mains
Puis presque fatalement électrocutée, les coupe

Les roucoulades assourdissantes me brisent l'appartenance
D'une oreille à l'autre tant de pertes
Je passe plus de temps à réparer l'idée d'intimité
Qu'à bien entendre de quoi me parle à qui je parle

Quel que soit le poids de notre distance
Il en va de nos quatre épaules à soulever
Je m'aplatis au fond de la relativité de nos relations
Dégonflée par les soupirs de la résignation

Amis, amies
Si étrangers l'un à l'autre de vous à moi
Sous la coupole de l'unicité, parfois l'ombre est si dense
Que je préfère m'asseoir dehors
  
Amis, amies
Se reconnaître inconnaissables en commun
Pour se mettre doucement en forme avant de se connaître
Si jamais

Irréductiblement pensive
À la façon des bêtes solitaires, je m'éloigne, une fois de plus
Cède sans regret la place, étonnée d'une telle équité
Dans le partage de la crédulité







Juillet 2014