Berceuses hospitalières




L'accolade pouvait sembler loyale
Sauf que personne ne savait plus qui tenir
Et que s'il le savait, il ignorait où
La promiscuité s'éparpillait sous des siroccos inattendus
S'envolaient tous les post-it où étaient inscrites
Les listes des spéculations et les commissions pour plus tard
On n'a qu'à bien se tenir
Si l'on pouvait agripper simplement la patience
On appellerait moins fort
 Si l'on savait un compagnon plausible
On appellerait plus loin

La pellicule d'endomètre qu'on cède aux émissaires
Aurait été mille fois mieux garantie contre les chocs
 Si la crédulité était toute en béton
Mais l'usine périclite et vous n'êtes pas son chef d'atelier
Juste sa sœur,  un peu sa mère
Autant dire rien de ce qui puisse l'amener à estimer sa rentabilité
Vous ne convaincrez pas vos dysplasies en leur chantant des berceuses
Des créatures sans voix ont déjà voulu leur fredonner des chansons 
Vous laisserez donc l'affaire suivre son cours sans vos soins 
Un chemin semblant connu d'elle seule
Où vous n'avez jamais cueilli encore les fleurs du mal
Il y fait sombre 

C'est une histoire de grands, vous devriez être au lit
À penser à tout ce vous auriez pu embrasser
Du monde bleu et vous dire maintenant 
Encore éberluée par l'ampleur mal définie des dégâts
Qu'au lieu d'enlacer tant de vent
Vous auriez dû vous effacer beaucoup plus tôt
Dès le premier pincement du vice
Disparaître pour votre salut 
Sous la subtile anesthésie de l'indifférence





Juin 2014