Parole d'homme






Rien n'assouplira la barrière
Les fils barbelés de la consternation et l'attente bornée
Parle-moi !
On joue à ci, à ça, on joue
On craint, dans le mouvement, pour soi
On craint de s'égarer dans l'agonie des dérives pailletées
On attend qu'un autre somnambulique s'émeuve
S'enfile à tâtons sous ses mots tenus hauts 
On guette l'autre et sa cambrure
Sa grandeur fade et ses discrets tourments
On embrasse le risque et l'avant-poste nu d'une zone neutre
Un lieu des passes
Une brise amniotique qui relie les mots sans leur ombre
L'idée que ça viendra demain
Un autre sans blancs
Un autre qui contourne les creux mats
Et sans ciller, qui s'accroche à lui-même, 
Sans peur la tienne
Sa parole d'homme






Octobre 2011